À Abidjan, le FEMUA fête ses dix ans, et se souvient de Papa Wemba

Il y a un an, jour pour jour, Papa Wemba, la star de la rumba congolaise, s’écroulait en sortant de la grande scène du Femua, le Festival des Musiques urbaines d’Anoumabo.

Un rideau de tristesse s’abat sur Abidjan. A’Salfo et ses amis du groupe Magic System, qui organisent l’événement sont en état de choc, et très vite mobilisent pour que la Côte d’Ivoire rende hommage à la star congolaise. L’Afrique suit, et la RDC réserve au « chef coutumier du village Molokai » (le quartier de la commune de Matongue où vivait Wemba, qu’il avait ainsi rebaptisé) des funérailles dignes d’un chef d’Etat. Mais à la différence d’un chef politique, l’un des derniers rois de la rumba d’antan fait l’unanimité.

Aujourd’hui, le FEMUA s’ouvre donc, un an après, sur un nouvel hommage à celui qui a brutalement quitté la scène l’an dernier. À Anoumambo, village Ebrié absorbé par la tentaculaire ville d’Abidjan, la place du FEMUA sera aujourd’hui rebaptisée Place Papa Wemba. Et puis, dans la soirée, c’est son groupe Viva la Musica, celui-là même qui l’accompagnait l’an dernier, qui jouera en sa mémoire ses plus grands titres. Un hommage attendu donc, pour ce dixième FEMUA, plus ambitieux que jamais, qui outre les têtes d’affiche comme Salif Keita ou Tiken Jah Fakoly, Black M ou Singuila, ou encore les Ivoiriennes Nash et Monique Seka, propose lors de ces trois grandes soirées de concert des talents émergents (Soul Bang’s – Prix RFI cette année), Revolution ou Kiff no Beat.

Au-delà de la musique, c’est bien la ténacité de l’engagement socio-culturel du FEMUA qui est à saluer. Le festival est depuis ses débuts attentif aux retombées pour la commune – Anoumabo– où a grandi A’Salfo, et plus généralement pour le pays. Ainsi, les recettes du FEMUA ont permis la construction d’écoles à Anoumabo, mais aussi dans les provinces. Des activités pour les enfants (FEMUA Kids) et des rencontres autour de l’emploi des jeunes sont prévues, tout comme, le dimanche 30 avril, une décentralisation du festival à Adiaké, une ville citée dans le département d’Aboisso, à une centaine de kilomètres d’Abidjan.

PAM y sera, et vous fera un compte rendu de ce 10ème FEMUA.

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