5 albums classiques du Nigeria des années 70

D’Haruna Ishola à Fela et Orlando Julius, retour sur la naissance de l’afropop.

Haruna Ishola
Oroki Social Club
Decca Records (1971)

Pour beaucoup, Haruna Ishola est considéré comme le meilleur interprète de l’apala, un style basé sur les percussions qui a commencé dans les années 1930 pour réveiller les fidèles islamiques après le jeûne pendant le mois du Ramadan. Au fil du temps, la musique est devenu moins religieuse et s’est popularisée.

Haruna Ishola pouvait se produire en concert durant quatre à dix heures, chantait des louanges pour un public toujours plus large et jouait à guichet fermé à Osogbo (centre-ouest du Nigeria).. En 1971, deux ans après avoir fondé STAR Records avec I.K. Dairo, il sort Oroki Social Club sur Decca Records, une ode à la célèbre discothèque qui accueille ses spectacles à Osogbo. L’album vendu à plus de cinq millions d’exemplaires devint son disque le plus vendu à ce jour.

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Fela Kuti
Zombie
Coconut Records (1976)

Zombie est le disque le plus offensif de Fela sur le plan politique. Il a été enregistré pour la première fois en 1976 par Coconut Records au Nigeria et une deuxième fois la même année au Royaume-Uni par Creole Records.

Satire au vitriol du gouvernement militaire qui régnait alors au Nigeria, l’album fut lour de conséquences pour Fela, son groupe, sa famille et la Kalakuta Républic. Après la sortie de « Zombie » (chanson titre de l’album éponyme), un millier de soldats ont attaqué sa maison, détruit et incendié ses propriétés, et ont défenestré sa mère du deuxième étage de l’immeuble. Fela chante tout son mépris pour l’obéissance aveugle de ces soldats. “Le zombie n’avance que si on lui dit d’avancer, le zombie ne s’arrête que si on lui dit de stopper, le zombie ne pense que si on lui dit de penser”…

Le zombie de Fela est devenu populaire, et son refrain si contagieux que les gens singeaient les soldats en imitant les zombies. Dans la chanson, Fela se moque d’eux en aboyant des ordres comme “Attention ! Au pas ! Au trot ! A gauche ! A droite ! Repos ! Salut ! »

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Sonny Okosun
Fire in Soweto
EMI (1978)

Sorti en 1978 sur le label EMI, Fire in Soweto connaît un succès international et sera le premier disque d’or de Sonny (vendu à plus de 50 000 exemplaires). Il fait écho aux émeutes de juin 1976 dans le township de Soweto, violemment réprimées par les autorités de l’apartheid. Avant Fire In Soweto, Sonny avait sorti plusieurs titres notamment “Help “, son premier succès international aux influences reggae. Sa musique baptisée “Ozziddi” est un mélange d’afrobeat, de soul, de funk et de reggae.

Fire in Soweto est un album engagé, profondément pan-africaniste. Il défend la cause noire, à commencer par celle des Noirs d’Afrique du Sud, sans oublier les mouvements d’émancipation qui au même moment se battent toujours au Zimbabwe ou se déchirent en Angola et au Mozambique.

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Orlando Julius
Disco Hi-Life
Jofabro (1979)

Disco Hi-Life c’est le succès international de la légende nigériane et pionnier de l’afro soul, Orlando Julius. Avant la sortie de Disco Hi-Life, Orlando et son groupe le Super Afro Soul étaient déjà célèbres au Nigeria depuis le milieu des années 1960.
Disco Hi-Life est un album génial, avec ses titres calibrés pour les clubs. Orlando Julius a été capable de mêler les rythmes africains à la disco, au R&B et au funk. C’est cette fusion afro / occidentale rare qui a distingué cet album dans les années 70.

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Lijadu Sisters
Horizon Unlimited
Afrodisia (1979)

Taiwo et Kehinde Lijadu sont deux soeurs jumelles qui ont joué un rôle important sur la scène pop nigériane dès le milieu des années 1960 et jusqu’aux années 1980. C’est leur maîtrise de la pop aux accents afrobeat, de disco et de jazz qui rend leur musique si originale. Les deux sœurs ont produit plusieurs albums emblématiques, et leur dernier Horizon Unlimited est sans doute le plus mémorable, publié en 1979 par Afrodisia (Decca Records). L’album était en tête des charts pop de la fin des années 70. Les six morceaux de l’album, fait notable, commencent toutes par des percussions traditionnelles.

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