Les 30 meilleurs albums du début d’année 2019

Le premier trimestre 2019 touche à sa fin. On fait le bilan des meilleurs sorties publiées entre janvier et mars, en toute subjectivité.

Illustration graphique par Julie Jargeais

Blick Bassy
1958

4 ans après la sortie du lumineux Akö, le chanteur, compositeur et auteur Blick Bassy présente 1958, un album-hommage à Ruben Um Nyobé, leader indépendantiste camerounais qui fut exécuté par les forces coloniales françaises en 1958.

Dans cet album poignant, Blick Bassy évoque le héros disparu et montre qu’il sait se réinventer, s’éloignant des couleurs bluesy de son précédent disque (déjà chez No Format) pour ouvrir la voie à une musique toujours plus subtile, pleine de grâce et d’inventivité. Accompagné de Renaud Letang aux arrangements, l’auteur et compositeur camerounais joue avec les sons du violoncelle (tenu par son comparse Clément Petit), des cuivres (Johan Blanc et Alexis Anerilles) sans oublier les machines et les effets dont il sait parer sa voix de caméléon. Blick Bassy sait ainsi nous mener de la plus grande douceur à la rage ardente, de la transe à la méditation. Toute cette palette d’émotions est mise au service d’un propos politique, au sens le plus noble du terme.

Car 1958 invite les nouvelles générations à redécouvrir leur culture et leur histoire, pour pouvoir s’inventer un futur qui leur ressemble. Un message, rappelle-t-il, qui prend un caractère d’urgence pour une Afrique qui n’a que trop longtemps été le jouet des ambitions étrangères.

Pour la sortie de 1958, Blick Bassy présente un nouveau clip de « Woñi » tourné en Afrique du Sud, tout aussi spectaculaire que le premier.

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Mdou Moctar
Ilana: The Creator

C’était il y a plus de 10 ans, en 2008, le guitariste touareg Mdou Moctar diffusait son premier album devenu viral en Afrique de l’Ouest. Après une apparition sur l’excellente compilation du label Sahel Sounds, Music from Saharan Cellphones, une bande originale d’un remake sahraoui de Purple Rain, et des enregistrements live sur Third Man Records de Jack White, il sort Ilana: The Creator , son premier album studio.

Accompagné par des musiciens dont Ahmoudou Madassane du groupe Les Filles de Illighadad à la guitare rythmique, Aboubacar Mazawadjes à la percussion et Michael Coltun à la basse, Mdou Moctar revient dans le folklore touareg, s’inspirant des boucles hypnotiques des griots takamba. Avec “Ilana”, Mdou combine à la fois tradition et modernité à l’image du titre « Kamane Tarhanin », où boucles hypnotiques inspirées des griots takamba et les chœurs en question réponse créent un sentiment d’urgence, dilué dans une réverbération qui rappelle le rock psychédélique occidental.

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KOKOROKO
KOKOROKO

Il aura fallu attendre un an avant que Kokoroko ne donne suite au titre « Abusey Junction » qui les a révélés sur la compilation déjà culte We Out Here, recueil qui donnait alors un aperçu de la créativité propre à l’actuelle scène jazz londonienne.

Les musiciens proposent ici un premier EP propre et sans bavure, une formule dans laquelle jazz et afrobeat cohabitent en parfaite harmonie, sans qu’un genre ne prenne le dessus sur l’autre. Rythmés par un trio de cuivres 100 % féminin qui gravitent autour de la trompettiste Sheila Maurice-Grey, le combo londonien KOKOROKO nous offre vision élargie de leur musique singulière, chargée de soul et d’afrobeat, inspirés par Fela Kuti, Ebo Taylor ou encore Tony Allen, tout en gardant des sonorités résolument londoniennes.

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Jay Mitta
Tatizo Pesa 

Jay Mitta, connu pour faire partie du Sisso Studios à Dar Es Salaam en Tanzanie Jay Mitta est un producteur de singeli, nouvelle scène musicale à mi-chemin entre le kuduro, le shangaan electro et le gabber. Son premier album, Tatizo Pesa, est sorti sur Nyege Nyege Tapes en ce début d’année. Le projet mélange la frénésie du singeli tanzanien – vitesse minimum 180 bpm – au rap swahili, et introduit un talentueux jeune rappeur du nom de Dogo Janja, âgé d’à peine 14 ans.

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Ibibio Sound Machine
Doko Mien 

Après le remarqué UyaiIbibio Sound Machine revient avec Doko Mien, « Dis-moi », en langue ibibio, toujours sur Merge Records.

Figure majeure de la scène afro-disco moderne, le combo anglo-nigérian né en 2013 à Londres continue de rendre hommage au passé, multiplie ses voyages dans le futur, élargissant ainsi intensément le présent.  Sur le titre « Kuka », la chanteuse nigériane Eno Williams explique : « je dis qu’il ne faut pas trop être obsédés par le passé, accepter que nos réalités soient en constantes évolutions. »

Ce troisième album alterne paroles en anglais, comme « Guess We Found a Way », et en ibibio, traduites dans le livret. Il sonne un peu différemment des précédents : « Il y a toujours de l’electro et du highlife, mais on a essayé de capturer un son live, en jouant tous dans la même pièce », décrypte Eno. « On a toujours plein d’influences, poursuit le saxophoniste Max Grunhard, Liquid liquid, les Talking Heads, le disco des années 80, les compilations Nigeria disco 70’s, Kiki Gyan… »  Doko mien interpelle à la fois l’auditeur du disque et le « créateur » sur le mode : « Dis-moi quoi faire ! » Eno Williams l’a aussi envisagé comme une pique « contre le fait qu’on dise toujours aux femmes ce qu’elles sont censées faire. « Par exemple, en studio, j’imposais ma féminité quand on se disputait sur la direction musicale de l’album. »

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Angel-Ho
Death Becomes Her

Jusqu’à présent éprouvée en tant que DJ et productrice, Angel-Ho taquinait les internautes fin 2018 en dévoilant coup sur coup trois titres instrumentaux massifs composés au scalpel. Elle amène ici sa musique à un autre niveau, endossant instantanément le costume de la diva pop pour donner naissance à son tout premier album Death becomes her. Elle débarque par la même occasion en grande pompe sur l’exigeant label Hyperdub, laissant sa propre structure NON Worldwide entre parenthèses. Découvrez notre chronique de l’album.

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Solange
When I Get Home

Deux ans après l’acclamé A Seat at the Table, Solange Knowles est de retour avec un nouvel album. Intitulé When I Get Home, le nouveau projet de la chanteuse américaine est sorti à minuit, dans la nuit du 28 février au 1er mars. Une date loin d’être anodine, puisqu’il marque le passage du « Black History Month » au « Women’s History Month ».

L’album accueille de nombreuses collaborations prestigieuses comme Dev Hynes, Sampha, Pharrell ou encore Tyler the Creator. L’album, qui mélange avec brio du jazz, de la funk, du hip-hop et du r’n’b, a été enregistré en 2018 en Jamaïque, Nouvelle Orléans et en Californie.

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Hamza
Paradise

Après de nombreuses mixtapes qui l’ont placé comme un des artistes les plus inventifs de sa génération, le jeune rappeur belge d’origine marocaine et comorienne sort aujourd’hui son premier album, Paradise. Entouré de Sch, Aya Nakamura, Oxmo Puccino et Christine and the Queens, Hamza révèle sa polyvalence et son éclectisme. Les productions, dont il en signe une grande partie avec son compère belge Ponko, sont taillées à la perfection et en parfaite osmose avec le flow nuageux du chanteur. Mention spéciale pour l’originalité du featuring Aya Nakamura, morceau en deux parties sur lequel les deux artistes flirtent en rythme.

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Theon Cross
Fyah

Figure éminente de la scène jazz de Londres, le tubiste et compositeur Theon Cross est un membre actif d’une famille de musiciens londoniens qui ont participé à redéfinir les contours du jazz. Il s’est fait un nom comme membre du groupe Sons of Kemet et en solo compte déjà plusieurs aventures dont la très médiatisée compilation We Out Here.

Avec Fyah, son premier album, Theon Cross regarde vers le futur. Il capture à merveille le son et l’énergie de cette nouvelle scène anglaise. Cross mélange jazz, musique caribéenne, hip-hop et musique de club dans un album qui se révèle à la fois dansant et exigeant, à l’image du massif “Activate”, avec sa section de basse carnavalesque ou encore au staccato inspiré par le grime sur “Panda Village”.

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Koffee
Rapture EP 

Depuis la sortie de son hit « Toast » et la très remarquée performance avec Chronixx en 2018, la jeune jamaïcaine de 18 ans a fait un bout de chemin. De son vrai nom Victoria Simpson, Koffee est devenu l’artiste qui incarne le renouveau du reggae, rien que ça. Un succès fulgurant à en voir ses clips de “Toast” et “Throne” qui cumulent des millions de vues. La jeune artiste impressionne par sa maturité et son aisance à manier l’art du reggae-dancehall. Malgré son succès l’artiste garde la tête sur les épaules. Au travers de sa musique, Koffee se donne pour mission de préserver les racines et la culture de son pays, tout en valorisant et responsabilisant la nouvelle génération grâce à son voyage musical autour du monde.

Ce premier EP, Rapture regroupe “Throne”, “Toast “et “Raggamuffin” sortis au cours de l’année 2018-2019 et deux nouveaux titres, “Rapture “et “Blazin” en featuring avec l’artiste dancehall Jane Macgizmo.

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Nubiyan Twist
Jungle Run

Né à Leeds mais aujourd’hui établi à Londres, le collectif anglais Nubiyan Twist est composée de dix musiciens – orchestré par le guitariste et producteur Tom Excell – friands de jazz, soul, hip-hop, sonorités latines, africaines, dub ou encore électroniques.
Au casting : le maestro de l’afrobeat Tony Allen s’invite sur le titre « Ghosts » tandis que le père de l’ethio-jazz Mulatu Astatke déploie son jeu de vibraphone sur le bien nommé « Addis To London »

L’album Jungle Run marque une étape importante dans la jeune carrière de ce groupe qui ne cesse de faire évoluer sa recette depuis sa création en 2015 au Leeds College of Music. « La scène musicale de Leeds est des plus excitantes, des soirées reggae ‘Sub Dub’ jusqu’aux salles de jazz expérimental… Ce bouillonnement a été une influence majeure dans la recherche de notre identité artistique » explique Joe Henwood.

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YoungstaCPT
3T


L’album 3T du rappeur sud-africain YoungstaCPT est un voyage au coeur des vies des “coloured people” de Cape Town. Au fil des morceaux qui le composent, l’album aborde des sujets tels que le colonialisme, les gangs, les addictions, et autres préoccupations quotidiennes de la vie des “coloured”. Les morceaux sont liés entre eux par des dialogues entre CPT et son grand père, durant lesquels ce dernier parle de l’Apartheid et de la corruption endémique du gouvernement actuel. La juxtaposition de ces deux points de vue dresse un portrait singulier et plein de justesse  du passé et du futur de l’Afrique du Sud.

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Aziz Sahmaoui 
Poetic Trance

Poetic Trance est le troisième album du chanteur marocain Aziz Sahmaoui, ancien membre de l’Orchestre National de Barbès et du Joe Zawinul Syndicate avec le all stars qui l’accompagne, University of Gnawa. Dès le début de l’album, le ton est donné : le son d’un ngoni surgi des bords du fleuve Niger, quelques mots arabes et d’autres venus du Togo, le chœur puissant qui scande les merveilles du Paradis Africain (Janna Ifirikiya) puis le wolof qui nous ramène à Saint Louis, dans la voix d’Alune Wade qui fait miroiter les rayons du soleil sur le .fleuve Sénégal.

Poetic Trance est un disque abouti, un condensé de transe, de groove et de poésie qui tisse des liens entre le Nord et l’Ouest de l’Afrique, l’Orient et l’Occident

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Kel Assouf
Black Tenere

Produit par le claviériste du groupe, Sofyann Ben Youssef, l’homme derrière le projet AMMAR 808, le nouvel album de Kel Assouf va à l’essentiel en se concentrant sur l’énergie du front man Anana Ag Haroun et de son rock Kel Tamashek (touareg).

Inspiré à la fois par le Ishumar desert rock des pionniers Tinariwen et les classiques du rock tels que Led Zeppelin, Black Sabbath et Queens of the Stone Age, ainsi que par la musique électronique européenne, Kel Assouf propose un son unique composé de textures brutes et enivrantes.

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Charlotte Adigery
Zandoli

Originaire de Ghent en BelgiqueCharlotte Adigery s’inspire des musiques traditionnelles de ses ancêtres martiniquais, notamment de rythmes tels que le gwoka, et les mélange avec un son électronique synthétique, réchauffé par le timbre soul de sa voix. Entre storytelling poignant, refrains accrocheurs et univers absurde et décalé, ce nouvel EP confirme la versatilité du talent de l’artiste. En témoignent les 2 singles “Paténipat”, véritable dancefloor-filler qui ne manque pas de subtilité, et “High Lights”, ôde pop et décalé aux  perruques synthétiques.

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Fokn Bois
Afrobeats LOL 

Le duo, composé des rappeurs M3nsa et Wanlov The Kubolor, est aussi bien connu pour son hiplife progressif, décalé et ses performances sur scène que pour ses paroles satyriques et incisives. ‘Fokn Bois’ désigne ceux qui dérangent, chose qu’ils se plaisent visiblement à faire.

Le nom de l’album Afrobeats LOL est d’ailleurs porteur d’une pointe d’ironie envers ceux qui ont tendance à regrouper toutes les musiques africaines sous ce genre fourre-tout. Il compte sur la participation de la scène Hip-Life de Accra avec Mr Eazi, Medikal, Sister Deborah, Dex Kwasi mais aussi de la légende Gyedu Blay Ambolley.

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IAMDDB
Swervvvvv.5

Remarquée en 2017 pour son tube “Shade”, la jeune ovni venue de Manchester pursuit son ascension et dévoile Swervvvvv.5, un nouvel album à la fois doux et spatiale entrecoupé d’interludes et de morceaux empruntant largement à la trap music.

Née d’une mère anglaise et d’un père jazzman angolais, Diana Debrito de son vrai nom, décrie sa musique comme de l’urban jazz. Entre R&B moderne et alternatif,  néo-soul, jazz et trap, IAMDDB façonne un style puissant et inspiré. Avec Swervvvvv.5,  elle nous expose toute la richesse de sa palette artistique.

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Falz
Moral Instruction

Dans son nouvel album Moral Instructions, le rappeur nigérian Falz s’attaque directement à divers problèmes sociaux auxquels le Nigéria est confronté. La pochette de cet album a été conçue par le légendaire artiste Lemi Ghariokwu, principalement pour ses travaux sur les disques de Fela Kuti.

Talk‘, le premier clip issu de l’album, sample des éléments de la musique intemporelle de Fela et aborde sans crainte des problèmes tels que la corruption de la sphère politique, un président inefficace et un niveau absurde d’inégalité au Nigeria. La chanson est politiquement chargée et la vidéo n’est pas différente,  adoptant le ton de protestation artistique et illustrant l’inspiration légendaire de Fela Kuti.

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Hama
Houmeissa

Après un premier EP timide mais audacieux sorti en 2015, avec Houmeissa, son premier album, le Nigérien Hama, dit « Hama Techno » vient élargir ce pont imaginaire entre le monde occidental et ces régions qui ont rarement leur place dans la playlist du mélomane moyen, malgré leur intérêt culturel doublé de ce groove si particulier qui n’existe nulle part ailleurs.

Chauffeur privé d’un riche expatrié, de son vrai nom Mouhamadou Moussa, Hama reçut son premier synthétiseur d’un voisin. Et lorsqu’il ne conduisait pas son employeur dans les rues de Niamey, Hama revisitait alors des chansons traditionnelles du désert sur son nouveau jouet, en commençant sans le savoir à développer un style singulier. Rapidement, le multi-instrumentiste s’approprie un laptop, récupère une copie piratée de FruityLoops, puis commence à arranger plus sérieusement ses propres mélodies avec les moyens du bord, mais surtout avec passion. Houmeissa, est un disque spontané et convaincant qui promet de lui ouvrir des portes bien au-delà de Niamey…

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Guts
Philantropiques 

Porté par une volonté constante de se renouveler, il s’entoure aujourd’hui d’un nouveau live band. Irrémédiablement attiré par les vibrations du monde, c’est principalement sur celles de l’Afrique et des Caraïbes qu’il s’attarde dans son dernier effort. Expérimental, ensoleillé, ce nouvel album s’inscrit dans le prolongement de sa série de compilations intitulée Beach Diggin’ qu’il concocte avec son complice Mambo depuis 2013.  

Philantropiques est un album résolument afro-tropical où se rencontrent le jazz et le carimbó. Comptant sur la participation de nombreux musiciens venus de différents horizons, ce disque est une histoire de rencontres et de collaborations où chacun vient apporter une dose de cuivres, de guitare, de flûte ou de vibraphone aux 15 titres qui composent le disque.

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Nkisi
7 Directions

La productrice, DJ et sonic activist Nkisi sortait en ce début d’année son premier album 7 Directions, sur le label de Lee Gamble, UIQ. L’album fusionne la polyrythmie complexe du Congo avec la cosmologie africaine des Bantous, en s’appuyant sur les écrits de l’intellectuel Dr Kimbwandende Kia Bunseki Fu-Kiau.
Nkisi s’est fait son nom dans la scène club londonienne grâce à ses morceaux brutaux et frénétiques aux influences multiples : gqom, bande son de giallo des années 70, gabber et doomcore. Elle fonde en 2015 le collectif et label NON Worldwide avec Chino Amobi et Angel Ho.

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Dave 
Psychodrama

Ce premier album du jeune rappeur âgé d’à peine une vingtaine d’années est un pari audacieux relevé avec brio. Se présentant presque comme un concept album, Psychodrama observe les relations entre l’individu et le monde extérieur qui l’entoure. Inspiré par les séances de thérapie de son grand frère en prison, l’album suit une structure en trois actes : “environnement”, “relations” et “champs social”.

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Lafawndah
Ancestor Boy 

Ancestor Boy est un objet à la fois audacieux et accessible qui passe haut la main le cap délicat du premier album, confirmant un potentiel créatif déjà entendu dans ses deux premiers EPs autoproduits. Entre chansons pop et expérimentations à deux vitesses, Lafawndah crée ici un remarquable premier essai en totale indépendance, s’entourant d’une équipe d’amis aussi talentueux qu’elle.

Un album comme une « déclaration d’intention stimulante » qui révèle une artiste sans limite de portée avec la volonté de faire voler en éclat les pensées trop formatées façonnant une musique hybride qu’il serait insultant de rattacher à un seul genre.

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Pulo NDJ
Desert to Douala

Sur une invitation de HAPE Collective – une plateforme qui favorise les échanges culturels grâce à des rencontres qui brisent les barrières – le DJ new yorkais Nickodemus s’est rendu N’Djamena, la capitale du Tchad, pour apprendre les techniques de DJing de base à de jeunes étudiants. A cette occasion, ce groupe de jeunes artistes venus du Cameroun, du Tchad, du Congo et du Togo ont soumis des demos que Nickodemus et DJ Buosis de HAPE Collective ont aidé à terminer et produire. D’une semaine de rencontres et de conversations a germé l’idée de cet album, qui comprend 11 morceaux, écrits et enregistrés dans un pop-up studio à N’Djamena.

Le projet s’inspire de Djamena et de sa diversité pour démontrer comment le riche patrimoine du pays s’insère dans des conversations globales existantes en alliant tradition et modernité musicale. 

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Bassekou Kouyaté & Ngoni Ba
Miri

Intitulé Miri, qui veut dire réfléchir en bambara. composé en partie dans son village natal, le maître du n’goni Bassekou Kouyate revient aux sources. Un retour aux sources qui s’explique suite à la mort de sa mère, à qui il dédie une chanson-hommage. A la fois calme et puissant, dans cet album le virtuose décrit sur plusieurs morceaux son inquiétude pour son pays. Bassekou raconte : “J’étais au village à Garana, à la tombée du jour, au bord du fleuve Niger. En regardant l’eau, le soleil devenu rouge, les poissons, je jetais des petits cailloux dans le fleuve et je réfléchissais : « regarde un bon pays comme le Mali en train de chuter ! “

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Que Vola ? 
Que Vola?

Que Vola ? », voilà bien une expression qu’on entend quotidiennement dans les rues de La Havane. Quelque chose entre « ça va ? », et « quoi de neuf ? » : un gimmick de plus pour rythmer les conversations théâtrales des habitants de la capitale cubaine. C’est aussi le nom de ce projet musical plutôt fou, patiemment construit par Fidel Fourneyron, qui a décidé de réunir un septet de jazzmen français dont le contrebassiste Thibaud Soulas. C’est lui qui ouvrit à Fidel, un jour de 2012, les portes de ses amis percussionnistes à La Havane. Adonis Panter Calderon, Ramon Tamayo Martinez et Barbaro Crespo Richard en faisaient partie. Ce sont eux qui donnent à la musique de Que Vola ? ses fondations rythmiques, terrestres, jouant des rythmes cérémoniels aux tambours bata, ou bien de trépidantes rumbas au cajon et congas. Fidel Fourneyron, quant à lui, s’est inspiré du dialogue qui s’établit entre les percussions et les chœurs, sans jamais perdre de vue les danseurs. Résultat : le jazz de Que Vola ?, à la fois savant et populaire, donne envie de bouger la tête, mais aussi les pieds.

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The Comet Is Coming
Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery 

Le trio londonien continue ses explorations psychédéliques en sortant un nouvel album qui propulse le jazz sur une autre planète.
Fiers de leur nomination aux Mercury Prizes avec leur premier album remarqué Channel the Spirits sorti en 2016, le groupe au nom explicitement pré-apocalyptique The Comet Is Coming entretient plus que jamais le mystère presque sectaire qui les entoure avec une nouvelle salve de free-jazz organique. Leur second opus Trust In The Lifeforce Of The Deep Mystery tourne autour de l’idée de « trouver un sens dans ce qui est insaisissable et croire en l’existence d’une énergie primordiale. »

Avec In The Lifeforce Of The Deep Mystery, le trio alterne spiritual-jazz, groove électroniques et balades stellaires transcendantales. Une musique composée « pour ces temps de crise et de chaos  » explique le saxophoniste Shabaka Hutchings.

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Sauti Sol
Afrikan Sauce

Sauti Sol est une des figures majeures de la scène musicale actuelle du Kenya, et par extension du paysage musical d’Afrique de l’Est. Le quatuor formé en 2005 par les chanteurs Bien-Aimé Baraza, Willis Chimano, Savara Mudigi et le guitariste Polycarp Otieno s’est imposé non-seulement comme un projet notable sur le marché musical est-africain, mais également comme moteur d’une musique résolument pan-africaine, toujours à la recherche de collaborations, de nouveaux artistes, de nouveaux styles musicaux, et de nouveaux public.

En 2018, au cours de leur tournée africaine, cette même volonté les a poussé à collaborer avec de nombreux artistes dans les différents pays qu’ils ont visité. Afrikan Sauce, paru en ce début d’année est représentatif de cette démarche, comptant sur de nombreuses participations telles que la Tanzanienne Vanessa Mdee, le Zimbabwéen Jah Prayzah et le groupe togolais Toofan.

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Burna Boy & DJDS
Steel and Copper

L’artiste afrofusion nigérian dévoile Steel and Copper, un projet en collaboration avec le duo de Los Angeles DJDS, via les labels On A Spaceship/Our Bad Habit/Atlantic Records/Loma Vista. L’EP amène Burna Boy sur des ambiances nouvelles, entre pop, trap et sonorités globales. Un mélange qui surprendra les fans respectifs.

DJDS sont connus pour avoir travaillé avec The Dream, Khalid, Empress of, ainsi qu’avec Kanye West sur son The Life of PabloSteel and Copper marque un début d’année productif pour Burna Boy, qui a recemment sorti les tubes « Dangote » et « Killin Dem » en featuring avec Zlatan. Il sera dès avril en tournée aux États-Unis, dont deux weekends au festival Coachella.

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Rema

Rema

Récemment signé par Mavin Records, le label de Don Jazzy, Rema commence à être un nom qui tourne sur la scène nigériane. Du haut de ses 18 ans, le rappeur est connu pour ses freestyles sur Twitter, sur lesquels il débite ses rhymes avec assurance et nonchalance. Vous avez aussi pu l’entendre sur le hit « Turn Up », la collaboration entre DJ Tunez, Wizkid et Reekado Banks, ou encore aux côtés de Wizkid en photo.

Rema est un quatre-titres qui navigue habillement entre trap et afropop, ainsi que sa signature sonore, les envolées lyriques à la sauce bollywoodienne, déjà présentes sur « Turn Up », qu’on retrouve sur le morceau clippé « Iron Man » – mention spéciale pour le clin d’oeil à la scène de la voiture dans Titanic.

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Lire ensuite : Les 40 meilleurs albums de 2018